Népal : le bilan dépasse les 1 000 morts, plus de 4 400 disparus
Les sauveteurs au Népal ont construit des ponts temporaires pour atteindre des régions isolées du pays et sont parvenus à sauver environ 300 ouvriers qui restaient coincés dans les décombres de centrales hydroélectriques de l’Himalaya, près d’une semaine après le glissement de terrain et les inondations qui ont laissé derrière eux d’énormes dégâts, en rasant des régions entières dans le pays comme dans le Tibet voisin.
Selon un nouveau bilan provisoire, 987 personnes ont perdu la vie au Népal, tandis que 13 autres ont été tuées en Chine. Par ailleurs, 4 462 personnes sont portées disparues dans les deux pays : 3 916 au Népal et 546 dans la région chinoise du Tibet.
Entre-temps, environ 600 ouvriers restent coincés dans des centrales hydroélectriques détruites du Népal, où se concentrent désormais les opérations de sauvetage.
La catastrophe des inondations au Népal s’est aggravée après la diffusion d’une vidéo de l’armée népalaise montrant des sauveteurs ramper dans des tunnels du projet hydroélectrique de Langtang pour atteindre des centaines de personnes que l’on craignait piégées. Les autorités ont également enterré d’autres victimes non identifiées.
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a déclaré hier lundi que plus de 11 000 personnes avaient été sauvées jusqu’à présent, tandis que l’électricité et les télécommunications ont été rétablies dans certaines régions.
600 ouvriers restent coincés dans des centrales hydroélectriques détruites du Népal, où se concentrent désormais les opérations de sauvetage
« Des milliers de citoyens ont perdu leurs maisons, leurs familles, leurs proches et leurs biens », a souligné Shah dans une publication hier sur les réseaux sociaux.
« Le gouvernement comprend l’immense douleur qu’ils traversent. Le chemin qui s’ouvre devant nous est de les soutenir dans cette épreuve et de les aider à retrouver une vie normale », a-t-il ajouté.
Des équipes sont parvenues à rétablir le réseau routier vers Nuwakot, l’une des régions les plus touchées, facilitant les opérations de recherche et de sauvetage ainsi que la distribution de produits de première nécessité, a expliqué Shah.
Selon lui, le pays a reçu plus de 42 millions de dollars d’aide après la catastrophe, et le gouvernement s’attend à ce que ce montant augmente.
Par ailleurs, les pays voisins du Népal, l’Inde et la Chine, apportent leur aide aux opérations de sauvetage, notamment en installant des ponts temporaires afin de rétablir l’accès aux régions isolées.
Changement climatique
Shah a déclaré que 279 ouvriers ont été extraits des centrales hydroélectriques jusqu’à présent, les autorités népalaises estimant que près de 1 000 restent coincés.
Des photos et des vidéos partagées par des équipes de sauvetage montrent des engins de chantier creusant la boue et les pierres pendant la nuit, tandis que des ouvriers observent. Des soldats ont utilisé des lampes de poche dans une grande fosse qu’ils avaient creusée pour chercher un passage vers un tunnel.
Ces dernières années, on observe au Népal un essor des projets hydroélectriques, le pays montagneux cherchant à exploiter les ressources en eau de l’Himalaya pour faire face aux pénuries chroniques d’électricité sur le plan intérieur et pour tirer parti des perspectives de vente d’électricité à l’Inde voisine.
Shah a estimé que le glissement de terrain dévastateur souligne les risques croissants auxquels est confrontée la région himalayenne. « Cet incident démontre que les risques auxquels nous sommes confrontés dans la région himalayenne augmentent en raison du changement climatique. »
« La région doit donc rester en alerte. Le moment est venu de poser avec insistance, devant la communauté internationale, la question des catastrophes que nous vivons comme conséquence du changement climatique », a souligné le Premier ministre népalais.
Le Népal, un pays principalement agricole de 30 millions d’habitants, n’est que très peu responsable des émissions de gaz qui provoquent le réchauffement de la planète, mais il en subit les conséquences.
Les glaciers des chaînes de l’Himalaya et de l’Hindu Kush constituent une source d’eau vitale pour environ 240 millions de personnes vivant dans les régions montagneuses, ainsi que pour 1,65 milliard d’autres vivant dans les vallées de l’Asie du Sud et du Sud-Est.
Katmandou a averti que le coût de la reconstruction pourrait s’élever « à plusieurs milliards de dollars », alors que l’économie népalaise est déjà sous pression.
« Le changement climatique (…) rend des tragédies comme celle-ci, et comme tant d’autres dans le monde, beaucoup plus probables, plus fréquentes et plus graves », avait mis en garde le week-end dernier Simon Stiell, responsable de l’ONU pour le climat.
