Une sieste de 30 minutes ou moins liée à un meilleur profil cardiométabolique
Une sieste de 30 minutes ou moins est associée à un profil cardiométabolique plus favorable chez des patients atteints de maladie coronarienne, selon une étude publiée dans la revue Metabolism.
Malgré les progrès dans la prise en charge des facteurs de risque cardiovasculaire classiques et la promotion d’un mode de vie plus sain, les récidives d’événements cardiovasculaires restent fréquentes chez les personnes qui ont déjà une maladie coronarienne. La sieste, ou sommeil diurne, a déjà été associée à de possibles bénéfices pour la santé, mais les données restent limitées dans cette population.
L’étude, dirigée notamment par Marta Garaulet, de l’université de Murcie et de la Harvard Medical School, et José López-Miranda, de l’hôpital universitaire Reina Sofía et de l’IMIBIC à Cordoue, a porté sur 872 participants de l’essai CORDIOPREV (NCT00924937). Tous avaient une maladie coronarienne. Les chercheurs ont suivi l’habitude de sieste pendant sept ans.
Les participants ont été répartis en trois groupes : ceux qui ne faisaient pas de sieste, ceux qui faisaient une sieste courte (30 minutes ou moins) et ceux qui faisaient une sieste longue (plus de 30 minutes). La pression artérielle, les mesures anthropométriques et des prélèvements biologiques ont été recueillis au départ, puis lors de visites annuelles. L’évolution des paramètres cardiométaboliques a été analysée avec des modèles linéaires mixtes.
Des écarts plus nets avec les siestes longues
Sur les sept années de suivi, les personnes habituées à une sieste courte avaient un poids, un indice de masse corporelle et un tour de taille plus bas. Elles avaient aussi une glycémie à jeun, une hémoglobine glyquée, un indice HOMA-IR (un marqueur de la résistance à l’insuline), une apolipoprotéine B et des triglycérides plus bas. Les différences les plus constantes apparaissaient par rapport aux personnes qui faisaient des siestes de plus de 30 minutes (p < 0,05).
Les chercheurs ont ensuite séparé les résultats selon le diabète au départ de l’étude. Chez les participants sans diabète, la sieste courte s’accompagnait de mesures anthropométriques plus favorables que la sieste longue. Chez ceux qui avaient déjà un diabète, la sieste courte s’accompagnait d’un meilleur métabolisme du glucose et de triglycérides plus bas que la sieste longue.
Les auteurs concluent qu’une habitude de sieste courte (30 minutes ou moins) est associée à un profil cardiométabolique plus favorable chez les patients coronariens. Ils précisent que d’autres travaux sont nécessaires pour juger de la pertinence clinique de ce lien.
Une association, pas une preuve de cause à effet
L’étude est observationnelle. Elle ne démontre pas que la sieste courte améliore à elle seule le cœur ou le métabolisme, ni qu’allonger la sieste provoque les écarts observés. Une sieste longue peut aussi refléter un sommeil de nuit insuffisant, un traitement, une maladie ou un trouble du sommeil non diagnostiqué. Les participants avaient tous une maladie coronarienne ; les résultats ne s’appliquent pas automatiquement à la population générale.
Le message pratique que retiennent les auteurs est toutefois simple : toutes les siestes ne se valent pas. La durée compte. Une sieste courte, de 30 minutes ou moins, se distingue ici d’une sieste plus longue sur plusieurs marqueurs de risque cardiométabolique.
Source : PubMed
