Plus de lumière le jour associée à moins de cancers digestifs, surtout du pancréas

Une plus forte exposition à la lumière du jour est associée à un risque plus faible de cancer digestif, en particulier de cancer du pancréas, selon une étude prospective publiée dans l’International Journal of Cancer.

La lumière diurne synchronise les horloges biologiques des tissus et des cellules avec le cycle jour-nuit. Un manque d’exposition peut dérégler cet alignement circadien et contribuer à des problèmes de santé, dont le cancer. Or, dans les sociétés contemporaines, la plupart des gens passent l’essentiel de leur temps à l’intérieur.

Les chercheurs, dirigés notamment par Hongliang Feng et Jihui Zhang, du Center for Sleep and Circadian Medicine de l’université médicale de Guangzhou, ont analysé 89 069 participants de la cohorte britannique UK Biobank. Tous portaient un accéléromètre Axivity AX3 au poignet, qui mesurait aussi la lumière, entre 2013 et 2015. Le suivi médian a duré 8,8 ans (804 111 personnes-années), jusqu’en janvier 2024. Pendant cette période, 1 692 cancers digestifs ont été enregistrés, dont 891 mortels.

Un seuil autour de 1 900 lux

Les auteurs ont défini la « journée » entre 7 h 30 et 20 h 30. Ils ont comparé les 20 % de participants les plus exposés (intensité moyenne d’au moins 1 916 lux) au reste de la cohorte. Dans le modèle le plus ajusté, cette exposition plus élevée était associée à un risque d’incidence de cancer digestif réduit de 13 % (hazard ratio 0,87, intervalle de confiance à 95 % 0,76–0,99) et à un risque de décès par cancer digestif réduit de 24 % (HR 0,76, IC 0,63–0,93).



L’association était plus marquée pour le cancer du pancréas : moins 42 % d’incidence (HR 0,58, IC 0,40–0,85) et moins 53 % de mortalité (HR 0,47, IC 0,30–0,73). En revanche, le lien n’était pas statistiquement significatif pour le cancer colorectal (incidence HR 0,96 ; mortalité HR 0,93).

Concrètement, le groupe le plus exposé avait une intensité moyenne d’environ 2 559 lux, contre 804 lux pour le groupe le moins exposé. Cela correspondait à une baisse de 13 à 24 % du risque global de cancer digestif, et de 42 à 53 % pour le cancer du pancréas.

Deux heures et demie de lumière vive

Les chercheurs ont aussi examiné la durée passée au-dessus d’un seuil souvent utilisé en photothérapie : au moins 5 000 lux. Une exposition d’au moins 2,4 heures par jour à cette intensité, toujours entre 7 h 30 et 20 h 30, était associée à un risque plus bas de cancer du pancréas (incidence HR 0,67 ; mortalité HR 0,57). Pour l’ensemble des cancers digestifs, la tendance allait dans le même sens, sans atteindre la significativité statistique.

Dans des analyses de machine learning, les indicateurs de lumière diurne prédisaient mieux l’incidence et la mortalité des cancers digestifs que plusieurs facteurs déjà connus, dont la qualité du sommeil, le régime alimentaire, la dépression et la consommation d’alcool. Les associations restaient stables après ajustement sur l’âge, le sexe, le tabac, l’alcool, l’obésité, l’activité physique, le chronotype et les antécédents familiaux de cancer. Elles ne variaient pas de façon significative selon l’âge, le sexe, le tabagisme, l’alcool, l’obésité ou la dépression.

Ce que l’étude ne prouve pas

Il s’agit d’une étude d’observation. Elle ne démontre pas que sortir davantage au soleil empêche un cancer. Les participants de UK Biobank sont en moyenne en meilleure santé et moins défavorisés que la population générale. La lumière n’a été mesurée que pendant sept jours, au poignet et non à l’œil, ce qui donne une estimation imparfaite de ce que la rétine reçoit vraiment. Le capteur peut aussi sous-estimer la lumière s’il est couvert par un vêtement.

Quand les auteurs ont aussi tenu compte du taux de vitamine D sérique, le lien avec l’ensemble des cancers digestifs s’affaiblissait. L’association inverse avec le cancer du pancréas, elle, restait significative. La vitamine D n’explique donc pas à elle seule le résultat, mais elle peut y contribuer, aux côtés des rythmes circadiens et du métabolisme.

Les auteurs concluent qu’une exposition plus élevée à la lumière du jour est un facteur environnemental potentiellement modifiable, à explorer pour la prévention et le pronostic des cancers digestifs, en particulier du pancréas. Ils proposent des seuils d’intensité et de durée qui pourront servir de base à de futurs essais cliniques.

Source : PubMed

 


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Article par : Marie Charlebois

Diététicienne diplômée. Je suis particulièrement heureuse de partager mes connaissances pour aider les autres à se nourrir correctement et sainement.

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