Trouble de la personnalité anti-sociale

Les éléments de base du trouble antisocial sont les suivants :

– Comorbidité : Le trouble de la personnalité antisociale s’accompagne souvent d’un malaise, d’une dépression, de sautes d’humeur, d’ennui, d’anxiété et de tension. Les troubles les plus courants qui coïncident avec le trouble antisocial sont les troubles anxieux, les troubles dépressifs, les troubles liés à la consommation de substances , les troubles somatoformes et le jeu pathologique.

– Prévalence : Le trouble antisocial est plus fréquent chez les hommes que chez les femmes (3:1).





– Âge d’apparition : Selon les critères du DSM, le trouble antisocial ne peut être diagnostiqué chez les personnes âgées de moins de 18 ans.

– Évolution du trouble : Le trouble antisocial est une maladie chronique, , mais sa gravité peut diminuer au fil des ans. Cependant, l’absence de culpabilité et le manque d’empathie sont des caractéristiques qui ne diminuent pas avec les années.

Les critères diagnostiques du DSM-5 pour le trouble de la personnalité antisociale sont les suivants : (American Psychiatric Association, 2013) :
Un schéma envahissant de mépris et de violation des droits d’autrui, à partir de l’âge de 15 ans, comme indiqué par trois (ou plus) des éléments suivants :

1. Non-respect des règles sociales concernant les comportements légaux, comme la réalisation d’actes constitutifs de motif d’arrestation.

2. Tromperie, mensonges répétés, utilisation de pseudonymes ou manipulation d’autrui pour le plaisir ou pour un gain personnel.

3. Impulsivité ou incapacité à planifier.

4. Irritabilité et agressivité, souvent avec des bagarres physiques ou des agressions.

5. Indifférence imprudente à la sécurité de soi-même ou d’autrui.

6. Irresponsabilité constante, incapacité à maintenir un comportement professionnel cohérent ou à respecter des obligations financières.

7. Absence de remords, indifférence ou rationalisation du fait d’avoir blessé, maltraité ou volé quelqu’un.

8. La personne est âgée d’au moins dix-huit ans.

9. Indices de trouble des conduites apparaissant généralement avant l’âge de quinze ans.

10. L’apparition du comportement antisocial n’est pas le résultat de la schizophrénie ou du trouble bipolaire.

Les critères ci dessus sont définis par l’Association américaine de psychiatrie (American Psychiatric Association, 2013) et sont reconnus au niveau international. Ils aident les spécialistes de la santé mentale à l’évaluation et au diagnostic des personnes concernées.

Cependant, aucune méthode diagnostique actuelle n’est pour l’instant généralement acceptée pour le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale. Les tests génétiques et la neuroimagerie ont été utilisés pour évaluer des causes potentielles. Les patients atteints de trouble de la personnalité antisociale présentent un risque plus élevé de contracter certaines infections virales et maladies sexuellement transmissibles liées à des comportements à haut risque, y compris l’hépatite C et le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) (Sims et al., 2021), ainsi que des taux plus élevés de mortalité dus aux accidents, blessures, suicides et homicides (McCloskey et Ammerman, 2018).

Par conséquent, le diagnostic du trouble antisocial nécessite un examen clinique. Cela signifie que des spécialistes de la santé mentale doivent interroger la personne concernée et ses proches afin de déterminer, par des questionnaires, l’examen clinique et l’entretien, s’il existe un trouble de la personnalité et son degré de sévérité (Dunne et al., 2020). Dans ce cadre, il sera demandé à quel point les comportements pathologiques et les symptômes sont graves, à quelle fréquence ils apparaissent et depuis combien de temps ils existent. Des questionnaires peuvent également être proposés pour examiner dans quelle mesure la personne remplit les critères d’autres troubles psychiques, comportementaux ou développementaux (Dunne et al., 2020). Aucun examen de laboratoire, comme une prise de sang ou une imagerie, ne peut être utilisé pour diagnostiquer le trouble de la personnalité antisociale (Paap et al., 2020).

Certains chercheurs ont utilisé des techniques d’imagerie cérébrale pour identifier des différences par rapport aux personnes sans troubles psychiques ou troubles de la personnalité. Cependant, pour l’instant il n’existe pas de possibilité d’utiliser ces techniques pour déterminer une éventuelle prédisposition à l’apparition du trouble (Paap et al., 2020). Le diagnostic du trouble de la personnalité antisociale s’inscrit dans ce qu’on appelle le diagnostic différentiel, car il est nécessaire pour le clinicien ou le spécialiste de la santé mentale d’exclure d’autres diagnostics pouvant présenter des symptômes qui se recoupent, comme le trouble bipolaire, le trouble déficit de l’attention et hyperactivité (TDAH) et les troubles liés à la schizophrénie (Paap et al., 2020).

Comme dans de nombreux autres cas, le trouble de la personnalité antisociale s’inscrit dans un spectre. Cela signifie que l’évaluation n’est pas strictement qualitative (c’est-à-dire que quelqu’un a ou n’a pas le trouble), mais aussi quantitative (c’est-à-dire à quel point ses symptômes sont plus ou moins sévères).


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Article par : Julienne Lereau

Julienne a étudié la psychologie à Paris, et pendant ce temps, elle fait ses études supérieures. Elle aime utiliser les connaissances qu’elle a acquises au cours de ses études pour aider les gens à améliorer leur état psychologique et à faire face à des situations difficiles.



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Article par : Julienne Lereau

Julienne a étudié la psychologie à Paris, et pendant ce temps, elle fait ses études supérieures. Elle aime utiliser les connaissances qu'elle a acquises au cours de ses études pour aider les gens à améliorer leur état psychologique et à faire face à des situations difficiles.


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