Le jeûne intermittent devrait entrer dans les recommandations contre le diabète de type 2
Le jeûne intermittent est devenu le troisième régime le plus pratiqué aux États-Unis. Pourtant, malgré plus de 225 essais cliniques, dont près de 40 chez des personnes diabétiques ou prédiabétiques, il n’apparaît toujours pas dans les Standards of Care de l’American Diabetes Association (ADA) ni dans les recommandations mondiales de la Fédération internationale du diabète (IDF).
Dans un « Personal View » publié dans The Lancet Diabetes & Endocrinology, Krista A. Varady (université de l’Illinois à Chicago), Lisa S. Chow (université du Minnesota) et Courtney M. Peterson (Harvard T.H. Chan School of Public Health) estiment que les preuves sont désormais suffisantes pour l’y faire entrer, au moins comme une option de mode de vie parmi d’autres, pour le diabète de type 2.
Chez le type 2, des baisses d’HbA1c comparables à la restriction calorique
Les autrices ont passé en revue des essais menés dans le diabète de type 2, le diabète de type 1, le prédiabète et le diabète gestationnel. Chez les adultes atteints de diabète de type 2, plusieurs formes de jeûne intermittent (alimentation restreinte dans le temps, régime 5:2, régime mimant le jeûne) réduisent l’HbA1c, en général de 0,3 à 1,2 %, ainsi que la glycémie à jeun, la glycémie sur 24 heures et le poids, par rapport aux habitudes alimentaires habituelles.
Le jeûne intermittent est aussi efficace que la restriction calorique continue pour améliorer le contrôle glycémique. Il n’augmente pas le risque d’hypoglycémie lorsque les médicaments sont adaptés selon des règles simples. Il pourrait aussi faire baisser la glycémie chez les adultes prédiabétiques. En revanche, les données sont insuffisantes pour le recommander dans le diabète de type 1 ou le diabète gestationnel.
Des règles concrètes pour les médicaments
Les autrices donnent aussi des indications pratiques aux cliniciens. Elles conseillent d’éviter le jeûne intermittent chez les personnes qui ont déjà eu des hypoglycémies sévères. La prudence s’impose aussi chez les personnes âgées, ou à risque de sarcopénie, car l’effet du jeûne sur la masse musculaire dans cette population reste mal connu.
Elles recommandent de privilégier des médicaments à faible risque d’hypoglycémie, comme la metformine, les incrétines ou les inhibiteurs du SGLT2. Pour l’alimentation restreinte dans le temps, si l’HbA1c est de 8,5 % ou moins, elles proposent de réduire les sulfonylurées de 50 à 100 %, l’insuline à action prolongée jusqu’à 20 %, et l’insuline à action rapide de 10 à 50 %, afin de limiter le risque d’hypoglycémie.
Leur conclusion est nette : le jeûne intermittent devrait figurer dans les recommandations cliniques comme l’une des options de mode de vie fondées sur les preuves pour le diabète de type 2. Pas comme un traitement unique, et pas pour tout le monde. Un suivi médical reste nécessaire, surtout en cas d’insuline ou de sulfonylurées.
Source : PubMed
