Le régime DASH lié à une moindre fréquence du phénotype tour de taille hypertriglycéridémique

Étude publiée le 15 septembre 2026 dans Scientific Reports. Les auteurs sont Masoud Pirmoradian, Alireza Parvaresh, Zahra Moradmand, Farnaz Shahdadian, Parisa Rouhani, Sepideh Soltani et Parvane Saneei.

Résumé

Plusieurs études ont montré un lien significatif entre les approches alimentaires pour stopper l’hypertension (régime DASH, Dietary Approaches to Stop Hypertension) et le phénotype tour de taille hypertriglycéridémique (HTGW, hypertriglyceridemia-waist), mais d’autres travaux ne l’ont pas retrouvé. Pour clarifier cette association, nous avons mené une étude transversale sur le lien entre l’adhésion au régime DASH et le phénotype HTGW chez des adultes iraniens. L’étude a porté sur des adultes iraniens (n = 528) vivant à Ispahan. Les apports alimentaires ont été évalués par un questionnaire de fréquence alimentaire valide de 168 items. Les indices anthropométriques et les paramètres biochimiques ont été mesurés. Les participants dont les triglycérides sériques étaient supérieurs ou égaux à 150 mg/dL et dont le tour de taille était augmenté ont été considérés comme présentant un phénotype HTGW. Les personnes du tertile supérieur de DASH, comparées à celles du tertile inférieur, avaient un rapport de cotes de HTGW plus faible, aussi bien dans le modèle brut (OR = 0,53 ; IC à 95 % : 0,32-0,90) que dans le modèle entièrement ajusté (OR = 0,36 ; IC à 95 % : 0,16-0,82). Dans l’analyse stratifiée selon le sexe, une association protectrice significative n’a été observée que chez les femmes (modèle entièrement ajusté : OR T3 vs T1 = 0,10 ; IC à 95 % : 0,02-0,46). Parmi les composantes du DASH, une consommation plus élevée de noix et de légumineuses était liée à un rapport de cotes plus faible de phénotype HTGW (OR = 0,34 ; IC à 95 % : 0,16-0,71). Cette étude transversale montre une association entre le régime DASH et une prévalence plus faible du phénotype HTGW chez les Iraniens, en particulier chez les femmes. D’autres recherches sont nécessaires pour expliquer les raisons de ce lien et pour généraliser les résultats à l’ensemble des populations adultes.

Mots-clés : adultes, étude transversale, régime DASH, phénotype tour de taille hypertriglycéridémique.

Domaines : maladies, endocrinologie, soins, recherche médicale, facteurs de risque.



Introduction

Le tour de taille n’éclairé que partiellement la répartition des graisses, en particulier le dépôt sous-cutane et le dépôt interne. Des triglycérides (TG) élevés sont souvent liés à des anomalies du métabolisme des graisses, surtout chez les personnes dont le tour de taille est augmenté. Le phénotype tour de taille hypertriglycéridémique (HTGW) a donc été proposé : il se caractérise par un tour de taille plus grand et des TG élevés. Des travaux antérieurs ont présenté le phénotype HTGW comme un indicateur des troubles métaboliques, parmi lesquels l’hyperinsulinémie, le diabète de type II, l’hypertension, la stéatose hépatique, l’apnée obstructive du sommeil et les maladies cardiovasculaires (MCV).

Plusieurs facteurs peuvent être associés au phénotype HTGW. Une génétique propre au sexe pourrait être liée à un phénotype HTGW plus fréquent et augmenter le rapport de cotes d’hyperuricémie chez les femmes, en particulier après la ménopause, lorsque la protection des œstrogènes diminue. Le mode de vie et les profils alimentaires peuvent aussi être liés au résultat métabolique et au phénotype HTGW. Une étude menée chez des hommes et des femmes à Téhéran a constaté que la consommation de céréales complètes était inversement liée au risque de phénotype HTGW, alors que la consommation de céréales raffinées lui était positivement associée. Le régime Dietary Approaches to Stop Hypertension (DASH), qui favorise les aliments peu salés et un apport élevé en fruits et en légumes, a eu un effet favorable sur la perte de poids et la santé métabolique.

Des recherches menées en Iran ont indiqué que suivre le régime DASH pourrait aider à prévenir les troubles métaboliques chez les personnes en surpoids ou obèses. Lari et ses collègues ont constaté que cette approche alimentaire pouvait réduire la masse grasse et la pression artérielle, même si son effet sur la résistance à l'insuline et la glycémie restait minime. L’influence favorable du régime DASH sur les profils lipidiques sanguins n’était pas pleinement confirmee. Nous reconnaissons de possibles incohérences dans les données, liées aux différences selon le sexe dans l’expression du phénotype. Notre étude transversale visait à explorer le lien entre l’adhésion au régime DASH et le phénotype HTGW chez des adultes iraniens.

Méthodes et matériel

Conception de l’étude et participants

Cette étude a été menée en 2021 sur un échantillon d’adultes à Ispahan, une grande ville d’Iran. Avec une prévalence du HTGW de 17 % chez les adultes iraniens, un intervalle de confiance (IC) de 95 % et une précision (d) de 4 %, 339 personnes étaient nécessaires. Aucun système d’enregistrement documenté ne permettait de tirer au sort des adultes iraniens. Les auteurs ont donc utilisé un échantillonnage aléatoire en grappes à plusieurs degrés pour sélectionner 600 adultes, des deux sexes, âgés de 20 à 60 ans, dans 20 écoles de la ville d’Ispahan. En raison de la forte prévalence de la pandémie de COVID-19 pendant le recueil des données, 600 participants éligibles ont été invités à rejoindre l’étude. Pour inclure des personnes de statuts socio-économiques différents et un mode de vie physiquement actif, tous les adultes employes dans les écoles retenues ont été inclus : enseignantes et enseignants, chefs d’établissement, adjoints, ainsi que les personnes qui travaillent la plupart du temps sur ordinateur. Les personnes enceintes ou allaitantes, celles qui suivaient un régime particulier, ou celles qui avaient des antécédents de MCV, d’accident vasculaire cérébral, de diabète de type 1 ou de cancer n’ont pas été incluses. Parmi les personnes invitées, 543 ont accepte de participer (taux de réponse 90,5 %). Chaque participant a reçu un formulaire de consentement éclairé écrit. En 2021, le comité d’éthique local de l’Isfahan University of Medical Sciences a approuvé le protocole selon les normes éthiques. La procédure a été réalisée conformément à la Déclaration d’Helsinki et à la liste STROBE (tableau supplémentaire 1). Les personnes répondant à l’un des critères suivants ont été exclues : (1) apports alimentaires non déclarés (n = 4) ; (2) apport énergétique total supérieur à 4 200 kcal (surdéclaration) ou inférieur à 800 kcal (sous-déclaration), afin de réduire les erreurs de déclaration (n = 3) ; (3) données manquantes pour le tour de taille (n = 7) ; (4) refus de la prise de sang (n = 1). Au final, 528 adultes éligibles ont été inclus dans l’analyse. Un diagramme détaillé des participants figure dans la figure supplémentaire 1.

Évaluation de l’alimentation et adhésion au régime DASH

L’apport alimentaire habituel a été évalué avec un questionnaire de fréquence alimentaire (FFQ) semi-quantitatif valide, de type Willett, comportant 168 items. Une étude de validation antérieure de ce FFQ, menée chez 132 adultes d’âge moyen, a montré des associations raisonnables entre les apports estimés par le FFQ et ceux obtenus par plusieurs rappels nutritionnels de 24 heures, avec des coefficients de corrélation de 0,55 pour l’énergie totale, 0,59 pour les lipides, 0,65 pour les protéines, 0,65 pour le magnésium et 0,67 pour les fibres. La fiabilité du FFQ a été évaluée et jugée acceptable en comparant les apports en nutriments obtenus à deux reprises, à un an d’intervalle. Une diététicienne a demandé aux participants de remplir ce FFQ en indiquant la fréquence et la quantité des aliments consommés au cours de l’année précédente. Des mesures ménagères ont servi à convertir les consommations déclarées en grammes par jour. Les données ont ensuite été saisies dans le logiciel Nutritionist IV pour calculer l’apport énergétique quotidien et les teneurs en nutriments. Le score DASH a été estimé en additionnant les scores de 8 groupes d’aliments liés à l’adhésion au DASH. Une plus forte adhésion correspondait à une consommation plus élevée de fruits, de légumes, de céréales complètes, de noix et de légumineuses et de produits laitiers allégés en matières grasses, et à une consommation plus faible de sodium, de boissons sucrées (SSB) et de viandes rouges et transformées. L’apport de chaque groupe a été ajusté sur l’énergie par la méthode des résidus. Tous les participants ont ensuite été classés en quintiles ajustés sur l’énergie et notés de 1 à 5. Le score le plus bas a été attribué aux participants du quintile le plus bas pour les fruits, les légumes, les céréales complètes, les noix et légumineuses et les produits laitiers allégés, et du quintile le plus élevé pour le sodium, les SSB et les viandes rouges et transformées. Le score le plus élevé a été attribué aux participants du quintile le plus haut pour les aliments favorables et du quintile le plus bas pour les aliments défavorables. La somme de ces scores a donné, pour chaque personne, un score DASH total compris entre 8 et 40.

Évaluation du phénotype HTGW

En s’appuyant sur une étude récente qui a établi des seuils de tour de taille pour les adultes iraniens, le seuil d’un tour de taille augmenté a été fixé à 98 cm chez les hommes et à 84 cm chez les femmes. Ces seuils ont été validés pour repérer et prédire des résultats métaboliques tels que l’obésité et le surpoids. En outre, selon les recommandations du National Cholestérol Education Program (NCEP) et de l’Adult Treatment Panel III (ATP III), un taux sérique de TG de 150 mg/dL ou plus a été considéré comme une hypertriglycéridémie. Le tour de taille a été mesuré au millimètre près avec un mètre ruban non extensible. La mesure a été prise après une expiration normale, à mi-distance entre le rebord costal inférieur et la crête iliaque, sans appuyer sur la peau. La mesure a été répétée chez chaque participant, et la moyenne des deux valeurs a été retenue pour l’analyse. Les prises de sang ont été faites après 12 heures de jeûne. Les échantillons ont été laissés coaguler, puis centrifuges pour séparer le sérum. Les TG sériques ont été dosés par méthode enzymatique colorimétrique, avec la glycerol-phosphate oxydase.

Évaluation des autres variables

La taille et le poids ont été mesurés chez des participants debout, en vêtements légers et sans chaussures. La taille a été mesurée au millimètre près avec un mètre mural, et le poids avec un analyseur de composition corporelle (Tanita MC-780MA, Tokyo, Japon). L’indice de masse corporelle (IMC) a été calculé en divisant le poids (kg) par le carré de la taille (m²). Un questionnaire autoadministré a recueilli d’autres facteurs de confusion : âge, sexe, situation matrimoniale, niveau d’études, tabagisme, antécédents médicaux, prise de médicaments et situation socio-économique. L’activité physique a été mesurée avec la version validée de l’International Physical Activity Questionnaire (IPAQ). L’IPAQ a recueilli l’intensité (marche, activité modérée, activité vigoureuse), la fréquence hebdomadaire et la duree quotidienne. Des équivalents métaboliques (MET) ont été attribués à la marche (3,3), aux activités d’intensité modérée (4,0) et aux activités d’intensité vigoureuse (8,0). Les MET, le nombre de jours et la duree ont été multipliés puis additionnes pour obtenir le score total (MET-min/semaine). Les participants ont été classés en inactifs (moins de 600 MET-min/semaine), minimalement actifs (de 600 à moins de 3 000 MET-min/semaine) et actifs au niveau HEPA, activité physique bénéfique pour la santé (3 000 MET-min/semaine ou plus).

Analyse statistique

Le score DASH avait été construit à partir de quintiles, mais les participants ont ensuite été répartis en tertiles de score DASH, afin d’avoir des effectifs suffisants dans chaque groupe et des catégories interprétables (adhésion forte, modérée ou faible). Les variables catégorielles et continues ont été comparées entre les tertiles par un test du khi-deux et une analyse de variance (ANOVA). Les moyennes plus ou moins l’écart-type (ET) ou l’erreur-type (ES), ainsi que les pourcentages, ont été présentés pour les variables continues et catégorielles. Une analyse de covariance (ANCOVA) a servi à décrire les apports alimentaires ajustés sur l’âge, le sexe et l’énergie selon les tertiles de DASH. Par régression logistique binaire, les rapports de cotes (OR) de phénotype HTGW selon les tertiles de DASH ont été calcules dans un modèle brut et dans des modèles ajustés. Dans le premier modèle, l’âge, le sexe et l’apport énergétique ont été pris en compte. Dans le second modèle, le niveau d’études, le tabagisme, l’activité physique, la situation matrimoniale, la situation socio-économique et la prise d’un médicament hypolipémiant ont aussi été ajustés. Dans une analyse de sensibilité, l’effet de l’IMC a été contrôlé en plus. L’évaluation des modèles a été faite pour tous les modèles, et la colinéarité est rapportée dans le tableau supplémentaire 2, sous forme de facteurs d’inflation de la variance (VIF) et de tolérance. Des VIF inférieurs à 10 et des tolérances supérieures à 0,1 indiquaient l’absence de multicolinéarité problématique. L’adéquation du modèle a été testée : le test de Hosmer-Lemeshow n’était pas significatif (P = 0,87). Le premier tertile du score DASH a servi de catégorie de référence dans tous les modèles, afin de garder une base de comparaison stable. Les tertiles de DASH ont été traités comme une variable continue dans les régressions logistiques pour estimer une tendance. La relation dose-réponse possible a été examinée de la même façon, en considérant les tertiles comme une variable continue. Des analyses stratifiées ont été faites selon le sexe (femmes et hommes), et les interactions ont été testées par des modèles linéaires généraux. Toutes les analyses ont été réalisées avec le logiciel SPSS version 26. Un P inférieur à 0,05 a été considéré comme statistiquement significatif.

Résultats

Au total, cette étude transversale a porté sur 528 adultes (287 hommes et 241 femmes). L’âge moyen, l’IMC, les TG sériques, le tour de taille et le score DASH des participants inclus étaient respectivement de 42,59 (± 11,18) ans, 26,92 (± 4,42) kg/m², 153,24 (± 40,76) mg/dL, 92,65 (± 11,47) cm et 24,01 (± 4,58). Parmi les participants éligibles, 113 (61 hommes et 52 femmes) présentaient un phénotype HTGW. Les caractéristiques générales et les facteurs cardiométaboliques selon les tertiles de DASH figurent dans le tableau 1. Une différence significative a été observée pour l’âge (P < 0,001), le poids (P = 0,03), la taille (P = 0,01) et le niveau d’activité physique (P = 0,03). Les participants dont l’adhésion au DASH était la plus forte, par rapport à la plus faible, étaient plus souvent plus âgés, avaient un poids et une taille plus bas et étaient plus actifs. Aucune autre différence significative n’a été trouvée pour les autres variables démographiques et cardiométaboliques.

Tableau 1

Caractéristiques générales et facteurs cardiométaboliques des participants selon les tertiles de DASH.

  T1 (n = 161) 9-21 T2 (n = 206) 22-26 T3 (n = 161) 27-37 P
Score DASH 18,62 ± 2,29 24,11 ± 1,34 29,27 ± 2,12 < 0,001
Sexe (%)        
Hommes 57,8 50 56,5 0,27
Femmes 42,2 50 43,5  
Âge (années) 38,07 ± 9,13 42,59 ± 10,81 47,12 ± 11,73 < 0,001
Poids (kg) 78,13 ± 14,94 74,17 ± 13,81 75,59 ± 14,83 0,03
Taille (cm) 169,38 ± 8,95 166,84 ± 8,71 166,93 ± 7,73 0,01
IMC (kg/m²) 27,18 ± 4,37 26,60 ± 4,30 27,07 ± 4,61 0,40
Tour de hanches (cm) 105,33 ± 8,42 103,77 ± 7,37 104,57 ± 8,69 0,19
Tour de taille (cm) 93,71 ± 11,85 91,41 ± 10,77 93,18 ± 11,88 0,13
Triglycérides (mg/dL) 158,21 ± 43,31 152,55 ± 41,67 149,17 ± 36,45 0,13
Activité physique (HEPA) (%)       0,03
Inactifs 57,1 63,7 46,9  
Minimalement actifs 35,4 29,9 43,1  
Actifs 7,5 6,4 10  
Niveau d’études (%)       0,69
Diplôme ou niveau inférieur 9,3 11,7 12,0  
Supérieur au diplôme 90,7 88,3 88,0  
Situation matrimoniale (%)       0,35
Célibataire 16,3 41,2 18,9  
Marié 82,5 85,3 78,6  
Divorcé ou veuf 1,3 0,5 2,5  
Tabagisme (%)       0,92
Non-fumeur 94,5 93,0 93,6  
Ancien fumeur 2,1 3,7 3,6  
Fumeur actuel 3,4 3,2 2,9  
Situation socio-économique (%)       0,79
Faible 34,2 27,5 34,1  
Moyenne 31,6 33,6 30,8  
Élevée 34,2 38,9 35,2  
Médicament hypolipémiant (%)       0,11
Oui 7,5 5,8 11,8  
Non 92,5 94,2 88,2  

Pour les variables continues, les valeurs sont des moyennes ± écart-type. Pour les variables catégorielles, les valeurs sont des pourcentages.

Les valeurs de P proviennent d’une ANOVA à un facteur et d’un test du khi-deux, respectivement pour les variables quantitatives et catégorielles. Le seuil de significativité retenu dans l’article est P < 0,05.

DASH : Dietary Approaches to Stop Hypertension. IMC : indice de masse corporelle. HEPA : activité physique bénéfique pour la santé.

Les apports nutritionnels des participants éligibles selon les tertiles du score DASH sont présentés dans le tableau 2. Les personnes du tertile supérieur d’adhésion au régime DASH, par rapport au tertile inférieur, avaient un apport plus élevé en glucides, en calcium, en fibres totales, en céréales complètes, en fruits, en légumes, en produits laitiers allégés, en noix et en légumineuses. Elles consommaient aussi moins d’énergie totale, de lipides, d’acides gras saturés (AGS), d’acides gras monoinsaturés (AGMI), de viandes rouges et transformées, de sodium et de boissons sucrées. Les autres apports alimentaires ne différaient pas de façon statistiquement significative entre les tertiles du score DASH.

Tableau 2

Apports alimentaires (énergie, macro- et micronutriments et groupes d’aliments) des participants selon les tertiles du score DASH.

  T1 (n = 161) 9-21 T2 (n = 206) 22-26 T3 (n = 161) 27-37 P
Score DASH 18,62 ± 2,29 24,11 ± 1,34 29,27 ± 2,12 < 0,001
Nutriments        
Énergie (kcal) 2364,09 ± 54,33 2138,74 ± 46,70 2359,23 ± 54,19 0,01
Protéines (g) 80,16 ± 1,36 81,01 ± 1,18 81,20 ± 1,36 0,85
Glucides (g) 332,43 ± 3,89 345,88 ± 3,36 357,35 ± 3,88 < 0,001
Lipides (g) 73,10 ± 1,42 68,05 ± 1,23 64,26 ± 1,42 < 0,001
Cholestérol (mg) 288,15 ± 9,51 281,47 ± 8,22 258,94 ± 9,49 0,08
AGS (g) 24,31 ± 0,62 21,87 ± 0,54 20,83 ± 0,62 < 0,001
AGMI (g) 23,95 ± 0,54 21,29 ± 0,46 20,07 ± 0,53 < 0,001
AGPI (g) 16,40 ± 0,59 16,63 ± 0,51 14,89 ± 0,59 0,07
Calcium (mg) 823,79 ± 29,55 911,53 ± 25,54 1039,63 ± 26,47 < 0,001
Vitamine E (mg) 6,60 ± 0,25 6,84 ± 0,22 7,18 ± 0,25 0,26
Fibres totales (g) 16,61 ± 0,44 21,15 ± 0,38 25,67 ± 0,44 < 0,001
Groupes d’aliments        
Céréales complètes (g) 26,24 ± 3,97 48,73 ± 3,43 65,65 ± 3,96 < 0,001
Fruits (g) 410,09 ± 24,37 556,66 ± 21,06 699,05 ± 24,30 < 0,001
Légumes (g) 236,71 ± 16,93 334,02 ± 14,63 453,93 ± 16,88 < 0,001
Viandes rouges et transformées (g) 86,89 ± 3,47 67,54 ± 3,00 47,88 ± 3,46 < 0,001
Laitages allégés (g) 199,95 ± 20,95 239,48 ± 17,31 336,87 ± 19,98 < 0,001
Noix et légumineuses (g) 37,62 ± 3,00 52,21 ± 2,59 66,69 ± 2,99 < 0,001
Sodium (mg) 4657,98 ± 200,38 3602,39 ± 173,16 3106,18 ± 199,81 < 0,001
Boissons sucrées (g) 70,64 ± 6,75 34,26 ± 5,83 9,18 ± 6,73 < 0,001

Les valeurs sont des moyennes ± erreur-type. L’apport énergétique est ajusté sur l’âge et le sexe. Toutes les autres valeurs sont ajustées sur l’âge, le sexe et l’apport énergétique.

Les valeurs de P proviennent d’une ANCOVA. Le seuil de significativité retenu dans l’article est P < 0,05.

DASH : Dietary Approaches to Stop Hypertension. AGS : acides gras saturés. AGMI : acides gras monoinsaturés. AGPI : acides gras polyinsaturés.

La répartition des différents phénotypes de concentration des TG sériques et de tour de taille selon les tertiles du régime DASH est illustrée dans la figure 1. La part des participants ayant un tour de taille augmenté et des TG élevés (phénotype HTGW) passait de 29,2 % à 18,0 % du premier au troisième tertile d’adhésion au régime DASH. Une tendance à la baisse était observée, mais la différence n’était pas statistiquement significative. La part des phénotypes à tour de taille normal et TG normaux augmentait légèrement d’un tertile de score DASH à l’autre. La encore, cette différence n’était pas statistiquement significative (P = 0,14). Les participants ayant un tour de taille augmenté et des TG normaux avaient la prévalence la plus élevée dans les tertiles de DASH.

Figure 1

Répartition des différents phénotypes de concentration des triglycérides sériques et du tour de taille selon les tertiles du score DASH.

Les OR ajustés et les IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles du score DASH sont décrits dans le tableau 3. Dans le modèle brut, les personnes des deuxième et troisième tertiles d’adhésion au régime DASH, comparées au premier tertile, avaient un rapport de cotes de HTGW inférieur de 47 % (OR T2 vs T1 = 0,53 ; IC à 95 % : 0,33-0,87 ; OR T3 vs T1 = 0,53 ; IC à 95 % : 0,32-0,90). Dans le second modèle, après ajustement sur des facteurs de confusion possibles, dont la prise d’un médicament hypolipémiant, les associations ne changeaient pas de façon substantielle et devenaient plus marquées (OR T2 vs T1 = 0,43 ; IC à 95 % : 0,22-0,86 ; OR T3 vs T1 = 0,36 ; IC à 95 % : 0,16-0,82). Chaque passage au tertile supérieur du score DASH indiquait une association protectrice significative dans le modèle brut (OR = 0,72 ; IC à 95 % : 0,55-0,94) et dans le modèle multivarié (OR = 0,58 ; IC à 95 % : 0,38-0,87). Dans une analyse de sensibilité avec ajustement sur l’IMC, cette association ne changeait pas (OR T2 vs T1 = 0,45 ; IC à 95 % : 0,22-0,93 ; OR T3 vs T1 = 0,29 ; IC à 95 % : 0,12-0,72 ; OR pour chaque tertile supplémentaire de DASH = 0,52 ; IC à 95 % : 0,34-0,82).

Tableau 3

OR ajustés et IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles du score DASH.

  T1 (n = 161) T2 (n = 206) T3 (n = 161) P de tendance Par tertile supplémentaire
Cas 47 37 29    
Brut 1,00 (ref.) 0,53 (0,33-0,87) 0,53 (0,32-0,90) 0,02 0,72 (0,55-0,94)
Modèle 1 1,00 (ref.) 0,49 (0,29-0,82) 0,43 (0,24-0,76) 0,01 0,64 (0,48-0,86)
Modèle 2 1,00 (ref.) 0,43 (0,22-0,86) 0,36 (0,16-0,82) 0,01 0,58 (0,38-0,87)

Toutes les valeurs sont des rapports de cotes et des intervalles de confiance à 95 %. Modèle 1 : ajusté sur l’âge, le sexe et l’apport énergétique. Modèle 2 : ajusté en plus sur la situation matrimoniale, le niveau d’études, le tabagisme, l’activité physique, la situation socio-économique et la prise d’un médicament hypolipémiant.

Le P de tendance a été obtenu en traitant les tertiles du score DASH comme une variable continue plutôt que catégorielle. Le seuil de significativité retenu dans l’article est P < 0,05.

OR : rapport de cotes. IC : intervalle de confiance. HTGW : tour de taille hypertriglycéridémique. DASH : Dietary Approaches to Stop Hypertension. Ref. : référence.

Les OR ajustés et les IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles du score DASH, stratifiés par sexe (femmes et hommes), figurent dans le tableau 4. La prévalence du HTGW était de 21,3 % chez les hommes (61 sur 287) et de 21,6 % chez les femmes (52 sur 241). Chez les femmes, dans le modèle brut, le rapport de cotes de phénotype HTGW dans le troisième tertile du score DASH était inférieur de 57 % à celui du premier tertile (OR T3 vs T1 = 0,43 ; IC à 95 % : 0,19-0,97). Après prise en compte des facteurs de confusion, la relation devenait plus marquée, avec un rapport de cotes inférieur de 90 % (OR T3 vs T1 = 0,10 ; IC à 95 % : 0,02-0,46). Chez les hommes, aucune association significative n’a été trouvée entre les tertiles du score DASH et le phénotype HTGW. L’interaction entre le score DASH et le sexe, pour le statut HTGW, était à la limite de la significativité (P d’interaction = 0,05). Dans une analyse de sensibilité, le contrôle de l’IMC en plus des autres facteurs indiquait une association plus forte chez les femmes (OR T3 vs T1 = 0,11 ; IC à 95 % : 0,02-0,55), sans association significative chez les hommes (OR T3 vs T1 = 0,39 ; IC à 95 % : 0,12-1,32).

Tableau 4

OR ajusté et IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles du score DASH, stratifiés par sexe (femmes et hommes).

  T1 T2 T3 P de tendance
Femmes (n = 241)        
Cas / participantes (n) 22/68 18/103 12/70  
Brut 1,00 (ref.) 0,44 (0,22-0,91) 0,43 (0,19-0,97) 0,03
Modèle 1 1,00 (ref.) 0,38 (0,18-0,80) 0,30 (0,13-0,71) 0,01
Modèle 2 1,00 (ref.) 0,20 (0,06-0,65) 0,10 (0,02-0,46) 0,01
Hommes (n = 287)        
Cas / participants (n) 25/93 19/103 17/91  
Brut 1,00 (ref.) 0,62 (0,31-1,21) 0,63 (0,31-1,26) 0,17
Modèle 1 1,00 (ref.) 0,67 (0,32-1,38) 0,63 (0,29-1,37) 0,25
Modèle 2 1,00 (ref.) 0,72 (0,29-1,78) 0,69 (0,24-1,95) 0,45

Toutes les valeurs sont des rapports de cotes et des intervalles de confiance à 95 %. Modèle 1 : ajusté sur l’âge et l’apport énergétique. Modèle 2 : ajusté en plus sur la situation matrimoniale, le niveau d’études, le tabagisme, l’activité physique, la situation socio-économique et la prise d’un médicament hypolipémiant.

Le P de tendance a été obtenu en traitant les tertiles du score DASH comme une variable continue plutôt que catégorielle. Le seuil de significativité retenu dans l’article est P < 0,05.

Les OR ajustés et les IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles des composantes du régime DASH sont présentés dans le tableau 5. Après contrôle des facteurs de confusion, la consommation la plus élevée de noix et de légumineuses, comparée à la plus faible, était liée à un rapport de cotes de phénotype HTGW inférieur de 66 % (OR T3 vs T1 = 0,34 ; IC à 95 % : 0,16-0,71). Aucune association significative n’a été observée pour les autres groupes d’aliments du régime DASH et le phénotype HTGW. Dans une analyse de sensibilité, après contrôle de l’IMC, la consommation la plus élevée de fruits ainsi que de noix et de légumineuses, comparée à la plus faible, était liée à des rapports de cotes inférieurs de 59 % et de 70 % (fruits : OR T3 vs T1 = 0,41 ; IC à 95 % : 0,18-0,94 ; noix et légumineuses : OR T3 vs T1 = 0,30 ; IC à 95 % : 0,14-0,67).

Tableau 5

OR ajusté et IC à 95 % du phénotype HTGW selon les tertiles des composantes du score DASH.

  T1 T2 T3 P de tendance
Tertiles de céréales complètes        
Cas / participants (n) 39/175 35/176 39/177  
Brut 1,00 (ref.) 0,87 (0,52-1,45) 0,99 (0,60-1,63) 0,96
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 0,72 (0,35-1,46) 0,79 (0,39-1,62) 0,52
Tertiles de fruits        
Cas / participants (n) 37/175 44/176 32/177  
Brut 1,00 (ref.) 1,24 (0,76-2,05) 0,82 (0,49-1,40) 0,48
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 0,77 (0,39-1,53) 0,59 (0,28-1,24) 0,16
Tertiles de légumes        
Cas / participants (n) 38/177 42/177 33/174  
Brut 1,00 (ref.) 1,14 (0,69-1,87) 0,86 (0,51-1,44) 0,57
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 1,24 (0,62-2,48) 0,75 (0,36-1,58) 0,49
Tertiles de viandes rouges et transformées        
Cas / participants (n) 34/176 36/177 43/175  
Brut 1,00 (ref.) 1,07 (0,63-1,80) 1,36 (0,82-2,26) 0,23
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 1,73 (0,84-3,62) 1,59 (0,76-3,35) 0,24
Tertiles de laitages allégés        
Cas / participants (n) 33/175 37/176 43/177  
Brut 1,00 (ref.) 1,15 (0,68-1,94) 1,38 (0,83-2,30) 0,21
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 0,72 (0,33-1,55) 1,39 (0,71-2,71) 0,29
Tertiles de noix et de légumineuses        
Cas / participants (n) 51/176 36/177 26/175  
Brut 1,00 (ref.) 0,63 (0,38-1,02) 0,43 (0,25-0,73) 0,01
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 0,58 (0,29-1,15) 0,34 (0,16-0,71) 0,01
Tertiles de sodium        
Cas / participants (n) 31/176 37/177 45/175  
Brut 1,00 (ref.) 1,24 (0,73-2,10) 1,62 (0,97-2,71) 0,07
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 1,19 (0,57-2,46) 1,44 (0,71-2,92) 0,30
Tertiles de boissons sucrées        
Cas / participants (n) 36/176 31/178 46/174  
Brut 1,00 (ref.) 0,82 (0,48-1,40) 1,40 (0,85-2,30) 0,18
Modèle multivarié 1,00 (ref.) 0,82 (0,36-1,86) 1,54 (0,74-3,22) 0,19

Toutes les valeurs sont des rapports de cotes et des intervalles de confiance à 95 %. Modèle multivarié : ajusté sur l’âge, le sexe, l’apport énergétique, la situation matrimoniale, le niveau d’études, le tabagisme, l’activité physique, la situation socio-économique et la prise d’un médicament hypolipémiant.

Le P de tendance a été obtenu en traitant les tertiles comme une variable continue plutôt que catégorielle. Le seuil de significativité retenu dans l’article est P < 0,05.

Discussion

Cette étude transversale, menée auprès de 528 adultes iraniens, a examiné le lien entre l’adhésion au régime DASH et la présence d’un phénotype HTGW. L’analyse a montré une association inverse entre l’adhésion au régime DASH et le phénotype HTGW, surtout chez les femmes adultes. Une association aussi marquée pourrait venir d’une confusion résiduelle, d’un biais de sélection ou d’un biais lié au petit nombre de données, en particulier à cause du faible nombre de cas dans le tertile supérieur. Dans le sous-groupe des femmes, la répartition des cas dans les tertiles 1 à 3 était de 22, 18 et 12.

Le phénotype HTGW a une meilleure valeur prédictive que le tour de taille ou les TG seuls pour les principaux résultats cardiométaboliques. Le tour de taille repère l’adiposite viscérale, et des TG élevés signalent une dyslipidemie. Leur combinaison cerne mieux l’association d’une obésité centrale et d’une dyslipidemie qu’une seule de ces mesures. Le phénotype HTGW a été associé à divers troubles métaboliques et maladies non transmissibles, dont le diabète de type II, l’hypertension, la stéatose hépatique non alcoolique (NAFLD) et les MCV. D’après les résultats de la présente étude, adopter le régime DASH pourrait être associé à une diminution du phénotype HTGW et de ses conséquences.

En Iran, la dyslipidemie touche une part importante de la population adulte, avec une prévalence globale de 81,0 %. Elle est encore plus fréquente chez les femmes (84,4 %) que chez les hommes (75,7 %). Environ 32,3 % des Iraniennes ont été classées comme obèses, et une part encore plus élevée (81,4 %) présente une obésité abdominale. Chez les hommes, les taux d’obésité et d’obésité abdominale étaient nettement plus bas (15,1 % et 68,6 %). La prévalence du HTGW dans la population de cette étude était de 21,4 %, un chiffre comparable à d’autres travaux menés en Iran. Une étude transversale antérieure chez des adultes iraniens rapportait une prévalence de 17,1 %. Une autre étude, limitée aux femmes, classait 36,4 % d’entre elles dans le phénotype HTGW, ce qui traduit probablement des différences selon le sexe dans la répartition des graisses et le métabolisme des triglycérides. Chez les adolescents iraniens, cette prévalence était nettement plus basse, à 3,3 %, ce qui va dans le sens d’une progression de ce marqueur cardiométabolique avec l’âge.

À la connaissance des auteurs, aucune étude n’a examiné directement l’association entre le régime DASH et le phénotype HTGW. Le lien entre le régime DASH et le tour de taille à en revanche déjà été étudié. L’association entre l’adhésion au profil alimentaire DASH et les profils lipidiques a aussi été évaluée dans plusieurs travaux antérieurs, avec des résultats contradictoires. Dans le sens des présents résultats, une méta-analyse d’essais cliniques randomisés contrôlés a suggéré que le régime DASH est un bon choix pour la perte de poids chez les personnes en surpoids ou obèses. Dans un sens différent, une méta-analyse a indiqué que le régime DASH pouvait améliorer le profil lipidique (cholestérol total, cholestérol des lipoprotéines de basse densite et cholestérol des lipoprotéines de très basse densite), mais pas les TG. Une grande étude en population, menée dès 1980 auprès de 88 517 infirmières sans antécédent de diabète ni de MCV, n’a pas trouvé de lien net entre les scores DASH et les taux lipidiques sériques. Un essai clinique randomisé chez quarante participants atteints de NAFLD a suggéré qu’une plus forte adhésion au régime DASH pouvait apporter des améliorations plus marquées de l’obésité, des marqueurs athérogènes et de la stéatose hépatique qu’un régime hypocalorique habituel. Il ne modifiait toutefois pas de façon significative le cholestérol des lipoprotéines de haute densite (HDL-c), le rapport TG/HDL-c ni les niveaux de stress oxydatif. Une étude de cohorte rétrospective menée en 2022 auprès de 14 251 participants a montré que les personnes présentant un phénotype HTGW étaient surtout des adultes plus âgés, en surpoids ou obèses, et qu’elles avaient une plus grande susceptibilité à la NAFLD. Les différences selon le sexe indiquaient que les femmes ayant un phénotype HTGW avaient un risque croissant de NAFLD par rapport aux hommes. Des écarts comparables selon le sexe ont été décrits dans d’autres recherches sur le lien entre le HTGW et diverses maladies, dont le diabète de type II. La différence observée selon le sexe pourrait tenir à des facteurs biologiques, à la stratification du risque cardiovasculaire, au mode de vie actif et à des facteurs socio-économiques. Plus de 2 800 gènes exprimés différemment chez les hommes et chez les femmes pourraient conduire à des adipocytes intra-abdominaux plus volumineux chez les hommes et à des dépôts sous-cutanes plus volumineux chez les femmes. Une autre étude de cohorte, publiée en 2018, a exploré l’association entre différents indices liés au rapport triglycérides-glucose (TyG) et le risque de mortalité toutes causes et par cause dans une population atteinte de syndrome métabolique. L’indice TyG-tour de taille était un prédicteur significatif de la mortalité cardiovasculaire dans cette population. Tous les indices liés au TyG étaient aussi fortement associés à la mortalité liée au diabète chez les personnes atteintes de syndrome métabolique. Les incohérences entre les études antérieures peuvent tenir aux différences de populations, de schémas d’étude, de composantes retenues pour mesurer l’adhésion au régime DASH et d’ajustements statistiques.

Plusieurs mécanismes peuvent influencer cette relation. Le régime DASH repose sur des aliments denses en nutriments, comme les fruits, les légumes et les céréales complètes, qui peuvent aider à réduire l’obésité centrale, un facteur lié au phénotype HTGW. Cet effet tend à être plus visible chez les femmes, surtout parce qu’elles ont en général un pourcentage de masse grasse plus élevé et moins de graisse viscérale, sous l’effet des œstrogènes. Les changements hormonaux de la ménopause peuvent en plus rendre les femmes plus vulnérables aux troubles métaboliques, ce qui rappelle l’intérêt d’une alimentation adaptee à cette étape de la vie. Les raisons des écarts de résultats entre femmes et hommes restent cependant à comprendre entièrement. Le système rénine-angiotensine, les hormones sexuelles, des gènes propres au sexe et des marqueurs inflammatoires plus élevés peuvent expliquer les différences d’apport alimentaire observées entre femmes et hommes. Par exemple, la réponse à la stimulation du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) peut différer selon le sexe. Le profil nutritionnel du régime DASH, riche en potassium, en calcium, en magnésium et en fibres, a été proposé pour améliorer l’obésité viscérale et les profils lipidiques et pour réduire la résistance à l’insuline, par une charge glycémique plus basse, des antioxydants et moins de glucides raffinés. Le potassium joue un rôle important dans la modulation du SRAA, ce qui réduit l’inflammation générale et améliore la sensibilité à l’insuline. Les fibres alimentaires du régime DASH réduisent la charge glycémique du régime et la synthèse hépatique des VLDL, en freinant la lipogenèse hépatique et en diminuant l’arrivee d’acides gras libres au foie.

Dans cette étude, le régime DASH et le phénotype HTGW étaient associés à des résultats différents chez les hommes et chez les femmes. Le caractère transversal de l’enquete rend toutefois difficile l’établissement d’un lien de causalité. Il est possible que des personnes obèses, avec des TG élevés, adoptent le régime DASH après le diagnostic afin de perdre du poids. À l’inverse, des personnes ayant un HTGW infraclinique peuvent réduire sans s’en rendre compte leur activité physique et modifier leurs modes de préparation (davantage de fritures et de fast-foods), ce qui créé des relations dans les deux sens. L’exposition et le résultat ont été mesurés en même temps : la temporalité ne peut pas être établie, et une causalité inverse ne peut pas être exclue. Des études bien conçues sont nécessaires pour établir la causalité. Des questionnaires validés (FFQ pour l’alimentation et IPAQ pour l’activité physique) et une évaluation standardisée des facteurs de confusion ont été utilisés, mais les biais de mémoire, d’autres biais de déclaration et les erreurs de mesure étaient inévitables et ont pu peser sur les résultats. L’IPAQ autoadministré ne fournit pas forcement les données les plus fiables, même si l’activité quotidienne incluse dans cette analyse reste un élément utile pour évaluer le lien entre le DASH et le HTGW. De nombreux facteurs de confusion ont été contrôlés, mais l’influence possible de facteurs résiduels doit encore être prise en compte. Une telle confusion résiduelle pourrait conduire à surestimer ou à exagérer la relation observée dans le sous-groupe des femmes. L’apport énergétique total est une variable alimentaire importante, et son association avec le phénotype HTGW peut s’expliquer en partie par d’autres facteurs alimentaires et de mode de vie. L’apport énergétique total du deuxième tertile était plus bas que celui du premier et du troisième, mais l’OR de l’apport énergétique dans le modèle entièrement ajusté indiquait que l’énergie n’influencait pas le HTGW de façon indépendante (OR = 1,02 ; IC à 95 % : 0,98-1,05 ; P = 0,35). L’association indépendante entre l’apport énergétique total et le HTGW devra être confirmee dans de futures études et dans d’autres populations. Aucun système de soins documenté ne permettait d’enregistrer les adultes iraniens. Des écoles ont donc été tirées au sort, et tous les adultes qui y travaillaient ont été inclus afin de représenter une diversité de statuts socio-économiques et de modes de vie physiquement actifs. Inclure aussi des métiers sédentaires, comme le travail de bureau, le travail sur ordinateur la plupart du temps, ou des postes de direction et d’administration passés en réunion, a pu introduire des biais. Malgré cet échantillonnage aléatoire en grappes multiples, un biais de sélection restait possible, et la validité externe ainsi que la généralisation des résultats peuvent être limitées. Ces limites rappellent le besoin d’autres études longitudinales pour mieux comprendre les causes sous-jacentes et traiter les biais possibles.

Les résultats indiquent une association inverse entre le régime DASH et le phénotype HTGW, surtout chez les femmes iraniennes. Ils peuvent éclairer des recommandations alimentaires autour du régime DASH en lien avec le phénotype HTGW dans la population iranienne. Compte tenu des limites actuelles, d’autres études sur de plus grands effectifs sont nécessaires pour comprendre cette association et confirmer ces résultats.

Remerciements

Aucun.

Contributions des auteurs

MP et AP : conceptualisation, méthodologie, analyse formelle, obtention des fonds, rédaction de la première version. ZM : investigation, rédaction de la première version. FS : investigation et curation des données. PR : investigation et curation des données. SS et PS : conceptualisation, méthodologie, supervision, ressources, analyse formelle, obtention des fonds, révision et correction. Tous les auteurs ont approuvé la version finale du manuscrit et se sont accordes sur tous les aspects du travail.

Financement

Le soutien financier à la conception, au schéma, à l’analyse des données et à la rédaction du manuscrit provient du Nutrition and Food Security Research Center, Isfahan University of Medical Sciences, Ispahan, Iran (n° 2404160).

Disponibilité des données

Les données qui soutiennent les résultats de cette étude sont disponibles auprès de l’auteur correspondant sur demande raisonnable.

Déclarations

Conflits d’intérêts

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

Approbation éthique et consentement

Le protocole a été approuvé en 2021 par le comité d’éthique local de l’Isfahan University of Medical Sciences. Tous les participants ont donné un consentement éclairé écrit. L’étude a été menée conformément à la Déclaration d’Helsinki et aux lignes directrices STROBE.

Source : Nih


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Article par : Marie Charlebois

Diététicienne diplômée. Je suis particulièrement heureuse de partager mes connaissances pour aider les autres à se nourrir correctement et sainement.

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